En bref
- Depuis le 1er septembre 2026, le CLM et le CLD sont accordés ou renouvelés par périodes de six mois au plus, sans durée minimale (le minimum de trois mois disparaît).
- Le conseil médical en formation restreinte n'est plus saisi pour le renouvellement qui intervient à l'épuisement des droits à plein traitement.
- Le recours devant le conseil médical supérieur est fermé lorsque l'avis du conseil médical concorde avec les conclusions du médecin agréé.
- L'employeur peut contrôler la présence de l'agent à son domicile. Un refus ou une absence injustifiée suspend la rémunération.
- Pendant le congé, l'agent peut suivre une formation ou un bilan de compétences, avec l'avis favorable d'un médecin agréé.
- Durées, plein et demi-traitement : rien ne change. La baisse à 90 % de 2025 ne concerne que le congé de maladie ordinaire.
Rappel : ce qui ne change pas
| Congé de longue maladie (CLM) | Congé de longue durée (CLD) | |
|---|---|---|
| Affections | Maladie qui rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et qui présente un caractère invalidant et de gravité confirmée | Cancer, maladie mentale, tuberculose, poliomyélite, déficit immunitaire grave et acquis |
| Durée maximale | 3 ans | 5 ans pour une même affection |
| Plein traitement | 1 an | 3 ans |
| Demi-traitement | 2 ans | 2 ans |
| Nouveau droit | Après un an de reprise de fonctions | Pas de nouveau CLD pour la même affection une fois les 5 ans épuisés |
Le supplément familial de traitement et l'indemnité de résidence restent versés en totalité, y compris pendant la période à demi-traitement. La baisse de l'indemnisation à 90 % du traitement, prévue par le décret n° 2025-197 du 27 février 2025, ne s'applique qu'au congé de maladie ordinaire depuis le 1er mars 2025. Le plein traitement du CLM et du CLD reste versé à 100 %.
Ce qui change : le comparatif
| Point | Jusqu'au 31 août 2026 | Depuis le 1er septembre 2026 |
|---|---|---|
| Durée de chaque période | De 3 à 6 mois | 6 mois au plus, sans minimum |
| Renouvellement à l'épuisement du plein traitement | Avis du conseil médical en formation restreinte | Plus de saisine obligatoire ; contrôles médicaux toujours possibles |
| Recours au conseil médical supérieur | Ouvert contre l'avis du conseil médical | Fermé lorsque l'avis du conseil médical concorde avec les conclusions du médecin agréé |
| Contrôle de présence au domicile | Non prévu | Possible ; refus ou absence injustifiée : rémunération interrompue |
| Examens par le médecin agréé | En présentiel | Possibles à distance, par télémédecine (depuis le 1er août 2026) |
| Formation pendant le congé | Pas de cadre général | Formation ou bilan de compétences sur avis favorable du médecin agréé ; réponse sous 30 jours |
Le détail des nouvelles règles
Des périodes plus souples
Le CLM et le CLD étaient jusqu'ici accordés ou renouvelés par périodes de trois à six mois. Le plafond de six mois demeure, mais le plancher de trois mois disparaît. L'autorité territoriale peut donc accorder une période plus courte lorsque la prescription médicale le justifie, par exemple pour faire coïncider la fin du congé avec une reprise, éventuellement à temps partiel thérapeutique.
Moins de saisines du conseil médical
L'octroi initial d'un CLM ou d'un CLD continue de relever de l'avis du conseil médical en formation restreinte. En revanche, le décret supprime la saisine de ce conseil pour le renouvellement qui intervient à l'épuisement de la période rémunérée à plein traitement, c'est-à-dire au passage au demi-traitement. L'employeur conserve la possibilité de faire examiner l'agent par un médecin agréé. L'objectif affiché est de désengorger des conseils médicaux dont les délais retardent les décisions, au détriment des agents comme des employeurs.
Autre évolution : lorsque l'avis du conseil médical en formation restreinte concorde avec les conclusions du médecin agréé, il ne peut plus être contesté devant le conseil médical supérieur. Le recours contentieux devant le tribunal administratif reste ouvert contre la décision de l'employeur.
Des contrôles pendant le congé
Depuis le 1er septembre 2026, l'autorité territoriale peut faire vérifier la présence de l'agent en CMO, CLM, CLD ou CITIS à son domicile ou sur son lieu de repos :
- à tout moment lorsque les sorties sont interdites ;
- entre 9 h et 11 h et entre 14 h et 16 h lorsque les sorties sont autorisées sans être libres, sauf soins ou examens médicaux.
En cas de refus du contrôle ou d'absence injustifiée, le versement de la rémunération est interrompu jusqu'à la fin de l'arrêt. Ces jours continuent de s'imputer sur les droits à congé. L'obligation de cesser toute activité rémunérée, qui s'imposait déjà en CLM et en CLD, est par ailleurs étendue au congé de maladie ordinaire.
Préparer le retour : formation et télémédecine
Avec l'avis favorable d'un médecin agréé, l'agent en CLM ou en CLD peut demander à suivre une formation ou un bilan de compétences, en vue d'une réadaptation ou d'une reconversion. L'employeur dispose de 30 jours pour répondre. Depuis le 1er août 2026, les examens par le médecin agréé peuvent aussi être réalisés à distance, dans les conditions de la télémédecine.
Enfin, à compter du 1er janvier 2028, pour tout arrêt de plus de 30 jours, le médecin agréé pourra solliciter le médecin du travail afin de préparer les conditions de la reprise ; l'agent pourra se faire assister de la personne de son choix.
Une précision pour la territoriale : pas d'indemnité d'attente
Le décret crée une indemnité d'attente pour l'agent qui a épuisé ses droits à congé de maladie ordinaire et attend la décision sur sa demande de CLM ou de CLD. Elle est réservée à la fonction publique de l'État. Dans la territoriale, l'agent qui a épuisé ses droits à CMO conserve son demi-traitement jusqu'à la décision qui le concerne, puis, si le CLM ou le CLD est accordé rétroactivement, sa situation est régularisée.
Un exemple
Une rédactrice est en CLM depuis le 1er octobre 2025. Sa période à plein traitement prend fin le 30 septembre 2026. Avant la réforme, son passage au demi-traitement, le 1er octobre 2026, aurait imposé une nouvelle saisine du conseil médical. Désormais, la collectivité renouvelle le congé sur la base du certificat médical, et peut décider de faire examiner l'agente par un médecin agréé, le cas échéant à distance. Elle peut aussi, si le médecin traitant le prescrit, accorder une période de deux mois seulement, avant une reprise à temps partiel thérapeutique.
Conseil pratique aux services RH : revoyez vos calendriers de saisine du conseil médical et vos modèles d'arrêtés de renouvellement ; mentionnez dans les courriers aux agents la possibilité de contrôle et les horaires de présence obligatoire.
À lire aussi
Sources
- Décret n° 2026-705 du 29 juillet 2026 relatif aux congés pour raisons de santé des agents publics civils et militaires (Légifrance) et son rectificatif
- Décret n° 2025-197 du 27 février 2025 (rémunération du congé de maladie ordinaire)
- service-public.gouv.fr : de nouvelles règles pour les arrêts de travail et le temps partiel thérapeutique
- Portail de la fonction publique (DGAFP)
- CDG 25 · CDG 971 · CDG 16
